Les enfants soldats : un crime de guerre encore répandu

ACTUALITÉ – Le 12 février est la journée internationale pour les enfants soldats. Cette journée permet de se rappeler des défis autour de cette question en raison de l’importante violation des droits humains qu’elle suppose. Alors qu’aujourd’hui encore des centaines de milliers d’enfants sont recrutés comme soldats,[1] il est nécessaire de faire le bilan des avancées ainsi que comprendre les différents défis qu’il reste à atteindre. Explication.

Français

Campagne UN - source : ONU

L’exploitation d’enfants est interdite dans plusieurs conventions internationales, notamment la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). En effet, elle leur assure de grandir dans un cadre qui garantit leur protection.[2] L’enrôlement d’enfants est donc totalement interdit. Néanmoins, selon les données de l’UNICEF, 250'000 mineurs de 6 à 18 ans prendraient part à des guerres, directement ou indirectement, dans une vingtaine de pays.[3]

Le recrutement est parfois volontaire, comme mesure pour échapper à la pauvreté par exemple,[4] ou de force.[5] Le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés rappelle que les enfants sont employés pour le combat mais également à d’autres fins : ils peuvent être des guetteurs, des messagers ou des cuisiniers.[6] Parfois, ils sont également utilisés pour commettre des attentats terroristes ou comme esclaves sexuels, notamment dans le cas des jeunes filles.[7]

Plusieurs pays dans le monde sont concernés, vous pouvez en prendre connaissance dans la carte ci-dessous.

Source : https://childrenandarmedconflict.un.org/fr/pays-enfants-affectes-par-conflits/

Au vu de cette situation, comment agir ?

Les principes de Paris de 2007 est le résultat d’un travail de longue haleine, principalement dirigé par l’UNICEF. En effet, les participants ont mis en commun leur connaissance et leur expertise afin d’instaurer une base d’analyse, notamment à des fins juridiques.

Comme le résume le Bureau qui s’occupe de cette question :

Un enfant associé à une force armée ou à un groupe armé est toute personne âgée de moins de 18 ans qui est ou a été recrutée ou employée par une force ou un groupe armé, quelle que soit la fonction qu’elle exerce. Il peut s’agir notamment d’enfants, filles ou garçons, utilisés comme combattants, cuisiniers, porteurs, messagers ou espions, ou à des fins sexuelles.[8]

Partant de cette base, un enfant soldat ne peut être condamné pour les crimes qu’il aurait commis en raison de son jeune âge : il n’aurait jamais dû prendre part au conflit. Quel est le but de cette décision ?

Le but est donc de permettre à l’enfant de se remettre des actions qu’ils auraient commises. Le Rapport annuel 2016 du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé (A/70/836–S/2016/360) est très clair sur la question : les conséquences sur la santé mentale et physique des enfants sont importantes. Ainsi, le Bureau pour les enfants et les conflits armés conclue : « La réinsertion de ces enfants dans la vie civile est un processus complexe ».[9]

L’ONU et l’UNICEF travaillent sur cette question depuis plusieurs années. Des bilans positifs ont été présentés mais la situation reste catastrophique en République démocratique du Congo (RDC) ou au Nigéria par exemple. L’UNICEF présente que près de 30% « des membres des groupes armés dans l’Est de la RDC sont des garçons ou des filles mineurs ».[10] Dans le cas du Nigéria, ce sont les groupes armés non-étatiques qui enrôlent de force des enfants, comme l’avait déjà mentionné le CIPADH en rapportant la situation avec Boko Haram.

Les bases légales sont préparées et la conviction politique est présente. Il est néanmoins important de continuer les efforts, d’informer et de sensibiliser sur l’exploitation des enfants, notamment en temps de guerre, afin que cette violation des accords internationaux disparaissent.

 

Notes de bas de page

[1] France 24 (12.02.2017), « Enfants-soldats, la guerre de 6 à 18 ans ». Disponible sur : http://www.france24.com/fr/20170210-enfants-soldats-infographie-guerre-journee-mondiale

[2] IBID

[3] IBID

[4] Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés (2017), « Recrutement et utilisation d’enfants ». Disponible sur : https://childrenandarmedconflict.un.org/fr/problematiques/violations/recrutement/

[5] IBID

[6] IBID

[7] IBID

[8] IBID

[9] IBID

[10] UNICEF (2017), « 12 février, journée internationale des enfants soldats ». Disponible sur : https://www.unicef.be/fr/12-fevrier-journee-internationale-des-enfants-soldats/

 

Par Sonia Rodríguez - Coordinatrice de projets au CIPADH 

 

Webographie

Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés (2017), « Recrutement et utilisation d’enfants ». Disponible sur : https://childrenandarmedconflict.un.org/fr/problematiques/violations/recrutement/

France 24 (12.02.2017), « Enfants-soldats, la guerre de 6 à 18 ans ». Disponible sur : http://www.france24.com/fr/20170210-enfants-soldats-infographie-guerre-journee-mondiale

UNICEF (2017), « 12 février, journée internationale des enfants soldats ». Disponible sur : https://www.unicef.be/fr/12-fevrier-journee-internationale-des-enfants-soldats/

United Nations (2017), « Les enfants dans les conflits ». Disponible sur : http://www.un.org/fr/peacekeeping/issues/children/index.shtml

Category: