Le CIPADH invité à une conférence au Global Studies Institute

Dans le cadre d’un partenariat avec le Global Studies Institute, une classe du lycée français Gustave Flaubert de la Marsa en Tunisie était invitée à une série de conférences sur la gouvernance au long de la journée du 20 mars.  Le CIPADH a lui aussi été invité en tant qu’intervenant pour débattre de la gouvernance globale.

 

réalisé via fotor.com

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La journée s’est divisée en trois thèmes : la gouvernance suisse avec une présentation de Frédéric Esposito, la gouvernance globale avec deux présentations du CIPADH et la place des médias dans la gouvernance en générale présenté par  Rose-Marie Deleskiewicz et Michel Sailhan.           

 

La Suisse : « une démocratie unique au monde » par Frederic Esposito

Frédéric ESPOSITO, chargé de cours au Global Studies Institute s’est chargé d’expliquer les particularités du système suisse en matière de gouvernance dans une présentation portant sur le fédéralisme et la démocratie directe suisse. Il nous a été rappelé que le système suisse est un système bien particulier de démocratie semi-directe. C’était une confédération, devenue un système fédéral en 1848, qui met en avant la participation des citoyens dans la gouvernance.

Les citoyens suisses ont pour rôle d’élire le parlement comme dans un système de représentation indirect. Cependant leur inclusion dans la gouvernance est plus large. Les citoyens ont la possibilité de participer à l’élaboration des lois, à travers le référendum facultatif et le référendum obligatoire. Les citoyens suisses peuvent aussi lancer une initiative populaire, un processus en amont du procédé législatif, où ils peuvent proposer un amendement à la constitution suisse.

La concertation est un élément clé de la démocratie suisse : le gouvernement est continuellement à la recherche du consensus avec l’ensemble des acteurs impliqués. Cependant, le système Suisse, qui s’érige en modèle de participation des citoyens, est lourd et l’abstention est forte.

 

La gouvernance globale, ou l’explication d’un concept par l’équipe du CIPADH

Le CIPADH est intervenu sur le thème de la gouvernance multilatérale. Cette intervention s’est axée sur la gouvernance des droits humains par Sonia Rodriguez, Coordinatrice de projets au CIPADH et le rôle de l’ONU dans la promotion de la paix par Charlotte Verrier, Assistante de recherche.

A la suite de ces deux présentations, les débats lancés par les élèves se sont concentrés autour de la question de la légitimité des droits humains, souvent qualifiés d’occidentaux. La question du caractère universel de ces droits en opposition aux spécificités culturelles a elle aussi fait débat. Concernant le rôle de l’ONU dans la promotion de la paix, la discussion s’est tournée sur la question de l’efficacité de l’ONU. Charlotte Verrier a rappelé que l’ONU est une organisation intergouvernementale où les Etats se rassemblent pour faire avancer l’action multilatérale. Cependant ceux-ci restent souverains et l’ONU se soumet aux décisions étatiques.

 

« Sans presse, pas de démocratie » l’expérience de Rose-Marie Deleskiewicz et Michel Sailhan

Rose-Marie Deleskiewicz et Michel Sailhan, deux anciens journalistes à l’Agence France Presse, nous ont présentés une conférence très animée sur l’évolution du journalisme et ses implications sur le rôle des médias dans la gouvernance moderne.

Avec les avancées technologiques, et notamment l’apparition du smartphone, tout le monde se veut journaliste ou photographe. C’est d’ailleurs ce qui est ressorti d’une intervention des lycéens de Tunisie expliquant que les médias tunisiens tentent de se réinventer depuis la révolution : chaque citoyen tunisien tente de proposer sa propre couverture médiatique. Le financement des médias est aussi un point central du journalisme d’aujourd’hui. Les médias se doivent d’être honnêtes cependant, un média est aussi une entreprise commerciale. La tentation de faire du buzz pour augmenter son chiffre d’affaire peut donc être grande. Le journalisme est un domaine précaire où la tentation de se plier aux exigences du public peut être forte.

La masse d’informations grandissante qui a découlé des révolutions des flux d’information rend le travail du journaliste mais aussi du citoyen beaucoup plus compliqué. La journée s’est donc finie sur cette conclusion : il est aujourd’hui difficile de distinguer le vrai du faux dans les médias. Comment aider le citoyen curieux à traiter l’information pour qu’il puisse vérifier la véracité des propos ? La comparaison des sources et la recherche, sur Internet et par des moyens plus classiques, sont des moyens qui permettent l’obtention d’une information de meilleure qualité.

 

EF- Assistante de recherche au CIPADH