« Un cocon sur un fil », projection à l'ONU

ACTUALITES – Le 21 juin 2017, le CIPADH s’est rendu à la projection du film « Un cocon sur un fil », auquel nous avons participé. Ce film pédagogique met en avant la perception de l’organisation qu’ont ces jeunes lycéens et a pour but de mieux faire connaitre l’ONU au grand public et aux jeunes. La projection de ce film s’est tenu dans la salle 17 des Nations Unies à Genève en présence du Directeur Général des Nations Unies à Genève, Michael Møller, de Louis, élève du Lycée St Paul St Georges de Vannes représentant les élèves ayant réalisés le film et Cédric Le Ru, leur professeur. Compte rendu de la soirée.

 

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M. Michael Møller a salué la réalisation de ce documentaire. Il a expliqué que celui-ci « participe à la modification du narratif sur l’ONU », un projet important pour lui. Il a aussi exprimé l’espoir d’une large diffusion du film et s’est engagé lui, ainsi que son bureau, dans cette mission. Le changement continu auquel le monde fait face peut compliquer la compréhension de la diplomatie et de l’action multilatérale. Ce film permet, de son point de vue, une meilleure compréhension de ces problématiques.

« Un cocon sur un fil » présente le regard de ces jeunes sur les Nations Unies : « une machine qui avance lentement ». Ces jeunes ont centré leurs réflexions sur des problématiques autour de l’efficacité de l’ONU ainsi que la question de la possibilité d’une réforme de l’institution. Ils ont formulés l’hypothèse que même si sur certains points l’ONU a beaucoup changé, sur certaines questions l’organisation ne bougera surement pas. Le film fait tout d’abord un bref panorama de l’histoire de l’organisation avec des témoignages de fonctionnaires ou ancien fonctionnaires comme Bernard Miyet, qui était la tête du département des opérations du maintien de la paix. Il affirme que « Les Nations Unies sont surement l’organisation la plus légitime qui soit ». Pour M. Møller, l’ONU n’est pas à son « maximum » et l’organisation pourrait surement être plus utile si une refonte avait lieu. Une organisation qui semble donc, comme toutes autres, avoir de bons et de mauvais côtés. Jean-Marc de la Sablière qui a représenté la France aux Nations Unies souligne qu’il y a eu des succès, des demi-succès mais aussi « des échecs parfois lourd comme le Rwanda ». Pourtant, il affirme que le côté positif et les actions positives des Nations Unies sont malheureusement bien trop souvent sous-estimés. Même si l’ONU doit se réformer certaines réformes semblent être impossibles comme celle du Conseil de Sécurité. Conseil de Sécurité qui pour M. Møller devrait être le garant de la légitimité de l’Organisation puisque l’organe le plus « symbolique ». Certaines évolutions qu’a permises l’ONU sont toutefois notables. Le Directeur Générale de l’ONUG a estimé que le concept de Droits de l’Homme a subi une évolution fulgurante en 20ans, rendu possible par l’ONU. Malgré les débats sur la notions d’universalité et les arguments de certains selon lesquels la multiplication des droits aurait affaibli le concept, les avancés semblent considérables. Le film retrace aussi l’évolution d’autres organes de l’ONU. Le PNUD, par exemple, a, depuis sa création, obtenu, de bons résultats en coordonnant de manière efficace son action sur le terrain en suivant les principes « d’appropriation nationale ».

Cependant, les nations unies promeuvent parfois un modèle que l’organisation elle-même ne suit pas. Pour exemple, au plus haut du système onusien il n’y a pas de parité : uniquement 25% de femmes au niveau décisionnel. Plus l’on monte dans la hiérarchie du système onusien, moins les femmes sont présentes.

La réflexion de ces étudiants se termine sur une citation de celui qui a occupé le poste de Secrétaire Général au début de l’Organisation, de 1953 à 1961 : «L'ONU n'a pas été créée pour emmener l'humanité au paradis, mais pour la sauver de l'enfer».

Louis, ainsi que son professeur, ont ensuite répondu aux questions de l’audience et écouté les remarques. Ils sont à la fois revenus sur les aspects techniques du film mais aussi sur leurs idées quant à l’avenir du projet. Un film qui malgré les 4h30 de rush a su se faire court (une cinquantaine de minutes) pour être utilisé dans l’enseignement mais aussi par le service de l’information de l’ONU et donner les bases de cette organisation à tous.

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